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Véhicules du futur? Êtes-vous prêt à affronter le virage technologique? Par Marie-Claude Veillette, www.carrus.ca

Ce qui nous semblait lointain, voire même impossible il y a de cela quelques années est pourtant bel et bien en train de devenir réalité. Après avoir pris d’assaut les routes du Nevada en mai 2012, la voiture de Google sans conducteur a obtenu, fin septembre, l’autorisation de circuler sur les routes californiennes moyennant certaines conditions de sécurité. Un des cofondateurs de Google, Sergey Brin, estime que cette voiture qui se conduit toute seule pourrait être commercialisée d’ici 5 ans.

Mythe ou réalité?

Qu’on soit pour ou contre, la tendance des véhicules automatisés est là pour rester. D’ailleurs, plusieurs modèles de véhicules intelligents ont déjà fait leur apparition sur le marché. On n’a qu’à penser à ces voitures qui se stationnent toutes seules, ajustent leur vitesse en fonction du véhicule devant, freinent ou changent de direction lorsqu’une collision semble imminente.

L’Institut américain des ingénieurs en électrique et en électronique (Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE)) estime par ailleurs que d’ici 2040, 75 % des véhicules seront à pilotage automatique.

Même si la technologie évolue rapidement, deux facteurs viennent mettre un frein à la production de masse de ces véhicules automates. Le premier facteur est d’ordre économique; le second d’ordre social. Les constructeurs devront trouver le moyen de rendre ces véhicules abordables malgré les coûts de production élevés en raison de la technologie de pointe. Ils devront aussi convaincre les automobilistes de déléguer la conduite de leur véhicule à un ordinateur de bord, d’où l’importance de mettre au point des véhicules offrant l’assurance d’une sécurité plus accrue.

Google n’est pas seul sur les rangs des véhicules 100 % automatisées

Malgré le fait que Google soit devenu le 7 mai dernier le premier à obtenir une plaque d’immatriculation pour un véhicule sans chauffeur, d’autres demandes sont en cours, émanant de constructeurs de Detroit, mais aussi de constructeurs asiatiques. En Allemagne, la société Continental Automotive Group effectue des tests en vue d’obtenir les mêmes droits que Google.

Continental planche sur la mise en circulation d’un véhicule semi-autonome, moins dispendieux et utilisant la technologie actuelle. Pour sa voiture-test, le constructeur allemand a remplacé les freins et la direction d’une Volkswagen Passat par des capteurs sensoriels capables d’analyser l’environnement immédiat. Le prototype est muni d’une caméra au niveau du pare-brise pour repérer les obstacles au sol, d’un radar longue portée dans la grille avant et de capteurs latéraux.

De nos jours, la plupart des grands constructeurs automobiles travaillent sur des prototypes de véhicules plus ou moins automatisés. C’est le cas notamment de GM, BMW et Audi qui investissent des sommes importantes dans la recherche et le développement de véhicules du futur. Le plus récent modèle Cadillac XTS de GM est d’ailleurs équipé de capteurs sensoriels, de radars et de caméras balayant sur 360 degrés afin de prévenir les accidents. Comme Continental Automotive Group, General Motors envisage lancer sur le marché des modèles de véhicules semi-autonomes d’ici 2015.

Quel sera l’impact des ces véhicules intelligents pour l’industrie de la carrosserie?

Nul n’est devin en la matière, mais il y a fort à parier que la mise en marché de ces véhicules équipés de caméras, de capteurs sensoriels et de lasers pour prévenir les accidents risque de frapper durement l’industrie de la carrosserie. Déjà éprouvés par la baisse du nombre de réclamations, les carrossiers risquent d’en prendre pour leur rhume avec l’avènement de ces voitures pilotées par ordinateur. Bien que toutes les preuves restent à faire, la douzaine de véhicules-robots de Google, mis en service il y a 2 ans, ont parcouru plus de 480 000 km sans être impliqués dans un seul accident.

« Les carrossiers disposent encore de temps pour évaluer de quelle façon s’ajuster au marché », estime Chantal Lamarre, directrice des ventes pour CARRUS puisque les constructeurs ont encore du chemin à faire avant de pouvoir commercialiser leurs véhicules automates à grande échelle. « Ils devront faire la preuve que leurs véhicules sont sécuritaires, offrir des prix intéressants et convaincre les automobilistes de s’en remettre à un ordinateur », poursuit Mme Lamarre.

D’ailleurs, les licences obtenues par Google sont très restrictives. Par prudence, la Californie et le Nevada autorisent les voitures-robots à condition qu'il y ait en permanence un être humain derrière le volant, prêt à prendre le contrôle en cas de nécessité ou de panne informatique.

Mieux s’outiller pour affronter demain

Déjà confrontés à des volumes moins importants, les carrossiers doivent revoir la structure interne de leur entreprise, suivre leur gestion de très près et fidéliser leur clientèle afin d’espérer pouvoir continuer à dégager une marge de profit intéressante à la fin de l’année. Chantal Lamarre de CARRUS insiste sur l’importance de se doter de logiciels de gestion performants pour bien analyser les forces et les faiblesses de l’entreprise. « Les carrossiers doivent comprendre pourquoi ils font de l’argent ou pourquoi ils n’en font pas. Ils doivent pouvoir analyser leur rentabilité et comprendre ce qui marche et ce qui ne marche pas » indique Mme Lamarre.

En plus d’offrir un meilleur service, les carrossiers ont tout intérêt à diversifier leurs services en exploitant par exemple toute la dimension esthétique. « Pose de bande autocollante 3M sur le capot, traitement aquapel, traitement pour enlever le sel au printemps, nettoyage, peinture, vente d’accessoires », la liste est longue conclut Mme Lamarre.

Décembre 2012